La coalition des quatorze partis de l’opposition togolaise, à l’origine du mouvement de contestation en cours dans le pays depuis trois mois, a réagi vendredi à la libération des imams de Sokodé et de Bafilo, interpellés mi-octobre pour incitation à la violence.
Au lendemain de l’annonce par le gouvernement de nouvelles mesures d’apaisement du climat politique, les imams de Sokodé et de Bafilo, interpellés mi-octobre, ont été remis en liberté vendredi 8 décembre.
Une libération toutefois assortie de mesures de contrôle judiciaire dont la violation pourrait entraîner un retour à la case prison.
Les deux hommes ont été accueillis à leur sortie de la prison civile de Kara (450 km au nord de Lomé) par des dizaines de leurs proches, visiblement heureux de les savoir libres et en bonne santé.
L’opposition, qui avait exigé la libération de Djobo Alassane – alias Alfa Hassan Mollah – (Sokodé) et d’Abdoul Wahid (Bafilo) avant toute participation au dialogue politique, s’en est réjouie lors d’une conférence de presse tenue le même jour à Lomé. Elle a néanmoins réitéré son souhait de voir libéré l’ensemble des personnes détenues dans le cadre des récentes manifestations.
Contacté par Jeune Afrique, le ministre de la Fonction publique a souligné la bonne foi du gouvernement qui a « effectivement respecté son engagement de prendre toutes les dispositions nécessaires à l’apaisement en vue du démarrage effectif du dialogue politique ».
Pour Gilbert Bawara, il faudrait désormais que l’opposition saisisse la mesure des décisions prises par le gouvernement et vienne à la table des discussions pour l’intérêt des populations affectées par ces mois de tensions dans le pays.
« Toutes les autres exigences pourraient être abordées dans le cadre d’un dialogue franc et sincère entre les acteurs », a-t-il poursuivi.
Le gouvernement doit se comporter comme partie et non comme partie et juge, J-P Fabre
Sur les consultations annoncées le 7 décembre par le gouvernement pour recueillir les suggestions des partis politiques « concernant le format et les modalités du dialogue », la coalition s’est montrée très prudente. « Il n’appartient pas au gouvernement, d’appeler l’autre partie à des discussions », ont indiqué les responsables de la coalition, estimant que ces consultations relevaient des médiations ghanéennes et guinéennes. « Le gouvernement doit se comporter comme partie et non comme partie et juge », a indiqué Jean-Pierre Fabre.
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