Marathon : malgré 25 secondes de trop, Kipchoge ouvre une nouvelle ère

Le juge italien Luca Verrascina, du comité technique de l’IAAf, a qualifié la course d‘ »exhibition » assortie d’une « grande performance ».

Mais il a aussi rappelé que, si la distance avait été contrôlée et certifiée, « l’action » des lièvres qui pouvaient se reposer pour se relayer par groupe de six en flèche, le ravitaillement sans restriction depuis les bicyclettes et la voiture ouvreuse « trop proche » des athlètes constituaient autant de raisons de ne pas inscrire le chrono dans le livre officiel des records.

Qui sont d’ailleurs relatifs sur route, compte-tenu du dénivelé notamment.

Outre Kipchoge, deux autres marathoniens de très haut niveau ont pris part à la tentative: l’Éthiopien Lelisa Desisa, vice-champion du monde 2013, et l?Érythréen Zernesay Tadese, détenteur du record du monde du semi-marathon (58:23.).

Mais Desisa, qui a terminé en 2h 14:10., n’a pas tenu le rythme imposé au-delà du cap de la première heure. Tadese, pour sa part, a lâché juste après, signant néanmoins son record personnel en 2h 06:51.

Sans surprise, la tentative reposait alors sur les jambes d’un seul homme. Après 30 kilomètres, Kipchoge, 32 ans, était encore à la seconde près sur la base de deux heures pile sur la distance.

Mais Kipchoge, champion du monde du 5000 m en 2003 à Paris à seulement 18 ans, est aussi humain. Pas comme la voiture qui avançait devant lui à vitesse constante en indiquant le seuil des deux heures avec un rayon laser de couleur verte projeté au sol.

L’athlète commence à perdre un mètre sur la machine, puis deux, puis cinq. Des signes de souffrance apparaissent alors sur le visage et dans la foulée jusque-là irréprochable.

Dans la dernière ligne droite, ses lièvres l’ont encouragé en criant et en frappant dans leurs mains, mais Kipchoge avait pris trop de retard.